L’aidant familial et son emploi : l’équilibre à trouver

L'aidant familial et son emploi : comment trouver l'équilibre ?

Brigitte gère une association nordiste apportant du soutien aux aidants. Des structures comme la sienne voient enfin de plus en plus le jour.

« Le besoin se fait clairement ressentir car la population en France vieillit. L’espérance de vie augmentant, les cas de dépendance sont aussi plus nombreux. Et la problématique de l’épuisement de l’aidant n’est pas encore suffisamment connue ». La plupart du temps, c’est l’enfant ou le conjoint qui endosse le rôle d’aidant familial.

Ce proche est alors très présent pour gérer les activités de la vie quotidienne (la toilette, les repas, le ménage ; les déplacements de la personne dépendante) et pour les démarches administratives comme la recherche de services à domicile ou d’une maison de retraite médicalisée.

Situation complexe pour les aidants salariés

Lorsque la situation de dépendance se prolonge, les difficultés rencontrées par les aidants salariés se font ressentir dans leur vie professionnelle. Des absences répétées peuvent s’avérer problématiques rapidement : multiplier les arrêts maladie ou les congés sans solde font perdre le fil des tâches à effectuer à chaque retour.

Certains dossiers importants sont reportés ou repris par des collègues. « L’aidant est souvent la première personne ressource de son proche dépendant : soutien moral et aussi soutien sur un plan financier », explique Brigitte. L’inquiétude éventuelle du salarié sur sa propre situation pécuniaire ne lui permet pas une concentration sereine.

Les conséquences se traduisent parfois par de l’irritabilité envers certains clients ou collègues. Une baisse de motivation peut entraîner une forme d’isolement pour conserver une discrétion. La collaboration en équipe peut devenir conflictuelle.

Culpabilité envers le proche, malaise au travail

Concilier le travail, la vie personnelle et la gestion des démarches d’aide au proche devient vite complexe. « Les personnes nous évoquent souvent le manque de temps, le stress et la fatigue. Cela nous fait régulièrement penser à une forme de burn-out » rapporte Brigitte.  » Les personnes aidantes n’osent pas s’avouer avoir besoin d’aide, à leur tour. Elles se sentent d’abord dans l’obligation d’être fortes : se charger de la souffrance de leur proche avec une volonté de soutenir à tout prix! Cela semble logique aux aidants. Or cela entraîne une perte conséquente d’énergie physique, psychologique et émotionnelle. »

« La culpabilité de ne pas en faire assez a un impact négatif sur l’estime personnelle de l’aidant : il a l’impression de ne pas être à la hauteur, ni envers son proche en besoin, ni envers son employeur. Et en parler est ressenti comme une humiliation. C’est alors un cercle vicieux. »

En parler sur son lieu de travail

Le rôle de l'entreprise vis-à-vis de l'aidant familial

Un équilibre à trouver permet à l’aidant de préserver lui aussi sa santé pour continuer à travailler.

Les entreprises commencent à prendre en compte ce phénomène pouvant les affecter indirectement. En effet, elles sont de plus en plus confrontées à cette problématique du salarié se retrouvant dans l’obligation d’aider un proche.

Anticiper ces situations et réfléchir dans un cadre de prévention va faciliter une prise en considération de cette question. Un équilibre à trouver permet à l’aidant de préserver lui aussi sa santé pour continuer à travailler.

« Nous sommes en réseau avec les professionnels des services RH et sociaux en entreprise. Ils orientent vers nos structures des salariés parfois en grand désarroi. L’année passée, j’ai rencontré un commercial sur le point de démissionner après un an de soutien auprès de son père veuf et malade, raconte Brigitte. Fils unique, il était présent nuit et jour et a craqué, complètement épuisé, en état de dépression. Il avait tardé avant de chercher un soutien et n’avait pas osé en parler assez vite sur son lieu de travail. La question de l’aidant est désormais mieux considérée et est un sujet plus médiatisé qu’auparavant. En découle une avancée notable de la coopération de nos associations avec les entreprises. Plus l’existence de nos structures est connue, plus tôt nous pouvons intervenir. »

Un temps partiel, une flexibilité des horaires, du télétravail, des congés temporaires, peuvent être réfléchis. Depuis 2014, une loi permet même le don de RTT ou de jours de repos entre collègues dans le cadre d’un soutien familial.

Souvent, le simple fait que la communication passe avec les responsables d’équipes et les collègues apaise les tensions. Le salarié peut se repositionner dans son travail et reprendre confiance. Soutenu, il peut se sentir plus serein pour assumer son rôle d’aidant.

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Sara Dos Anjos
Sara Dos Anjos

Assistante de service social en entreprise

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